Le bulletin de salaire se simplifie la vie

Le bulletin de salaire se simplifie la vie

Plus lisible, moins détaillée, la fiche de paie simplifiée est devenue obligatoire dans les grandes entreprises depuis janvier 2017. Et l’année prochaine, tout le monde devra s’y mettre ; que faut-il en penser ?

C’est devenu obligatoire depuis janvier 2017 pour les entreprises d’au moins 300 salariés. Le bulletin de paie sera allégé ou ne sera pas. Pourquoi cette réforme ? D’abord parce qu’entre les cotisations salariales et patronales obligatoires (assurances maladie, vieillesse, chômage…), autres retenues comme le ticket restaurant, le bulletin de paie d’un salarié peut compter jusqu’à 50 lignes. Ensuite, il a été pensé pour « rendre plus compréhensible aux salariés le financement de la sécurité sociale», précise Abdelkader Berramdane, directeur de la veille législative chez l’éditeur ADP (Le Monde du 9 février 2017).
Principal changement : Entre autres modifications, le bulletin clarifié regroupe les cotisations par thème (santé, retraite, chômage) et mentionne les allégements de cotisations financés par l’État. Il a été testé en 2016 auprès de dix entreprises volontaires de 650 à 47.000 salariés, parmi lesquelles la Société générale, BNP Paribas, Saint-Gobain, Safran, Solvay ou encore l’Afpa. Au total, près de 100.000 salariés en ont bénéficié. Les cotisations ne sont plus regroupées par organismes de versement, aux acronymes souvent illisibles pour le salarié, mais par thème : assurance-santé, accident du travail et maladies professionnelles, retraite, chômage, et allocations familiales. Par ailleurs, le bulletin mentionne les allégements de cotisations financés par l’État. Selon un rapport, remis en début de semaine à la ministre du Travail, Myriam El Khomri, récolte les premières impressions des salariés sur le bulletin de paie simplifié, mis en place depuis le 1er janvier. 88,3% des salariés interrogés se déclarent satisfaits.

Un processus qui reste malgré tout complexe

En revanche, pour d’autres, la fiche de paie simplifiée n’apporte pas de réel progrès car il faudrait surtout, selon eux, faciliter les calculs sous-jacents. L’accumulation des lois sociales et fiscales de plus en plus techniques rend, il est vrai, le processus d’édition des bulletins de paie toujours plus complexe pour les entreprises. Par ailleurs, le regroupement des lignes masque une partie des calculs ; le salarié n’y est-il pas perdant en transparence ?
Quoi qu’il en soit, le 1er janvier 2018, ce nouveau bulletin sera obligatoire pour toutes les entreprises. D ‘ici là, la mission préconise quelques «adaptations» liées notamment à l’entrée en vigueur du prélèvement à la source l’année prochaine. Le rapport recommande de « définir précisément les informations devant figurer sur le bulletin de paie».

Notre conseil : « Il est essentiel de mettre en place une conduite du changement très en amont du projet afin de préparer les salariés au nouveau format de ce bulletin, mais pas uniquement. Il faudra également impliquer les gestionnaires de paie, les responsables paie, les DRH, sans oublier les syndicats ».

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